« Combien coûte une application mobile au Québec » : une des réponses francophones les mieux référencées annonce sa propre péremption dans son titre, « Combien coûte une application mobile ? (Prix de 2022) », publié en février 2022 et toujours en circulation. Le reste répond souvent depuis la France, en euros, pour une application qui sera construite, hébergée et vendue ici. Nous avions documenté ce déséquilibre sur la question voisine : le 22 septembre 2026, aucun des neuf premiers résultats francophones pour application mobile ou site web n’était canadien.
Il existe bien un indice de prix canadien pour ce travail. Statistique Canada publie chaque année des indices de prix des services professionnels en informatique, à partir d’une enquête obligatoire sous la Loi sur la statistique, et la conception et le développement de logiciels sur mesure y forment une série. Cet indice ne vous dira pas ce que coûte une application. Il mesure la variation des prix et non leur niveau, il couvre le Canada et non le Québec, et il ne distingue pas le mobile du reste. Nous ne reproduisons pas ses valeurs ici, parce que nous n’avons pas pu confirmer laquelle de ses séries correspond exactement à ce travail.
Voici donc ce que le marché affiche, d’où viennent ces chiffres, ce qu’ils omettent systématiquement, et comment lire une soumission. Tout est en dollars canadiens sauf indication contraire, et l’indication contraire revient souvent. Ce ne sont pas nos prix : ce sont les prix affichés par d’autres, avec leur provenance quand elle existe. Et si le choix entre une application et un site n’est pas encore tranché, c’est celui-là qui coûte le plus cher à manquer, pas le prix de construction.
En bref
- Trois pages de marketing d’agences canadiennes publient, pour une application « de complexité moyenne » décrite presque dans les mêmes mots, des fourchettes allant de 18 000 $ à 100 000 $. Aucune des trois ne précise sa devise.
- Aucune des pages relevées ne publie de taille d’échantillon, de fenêtre de collecte ni de source de données.
- Trois des quatre entreprises québécoises inspectées n’affichent aucun prix. La quatrième possède des pages de tarification que nous n’avons pas ouvertes.
- Les frais récurrents (comptes développeurs, infrastructure, outillage) sont presque tous facturés en dollars américains, et les seuils de commission des magasins sont en dollars américains eux aussi.
- Le changement de structure tarifaire de Google Play de juin 2026 ne s’applique pas au Canada et ne s’y appliquera pas avant le 30 septembre 2027.
- ESSOR, la subvention que les pages d’agences relevées citent le plus souvent, exige un chiffre d’affaires annuel minimal de 2 500 000 $.
Les prix affichés pour une application mobile au Québec
Trois pages canadiennes affichent des paliers de prix pour une application mobile. Les voici côte à côte, telles qu’elles sont publiées.
| Page | Simple | Intermédiaire | Complexe | Devise annoncée | Méthode publiée |
|---|---|---|---|---|---|
| Bollé Communications (Québec), mise à jour 1er juillet 2026 | 15 000 $ à 30 000 $ | 30 000 $ à 70 000 $ | 100 000 $ et plus | Non précisée | Aucune. Les fourchettes sont étiquetées « indicatives » |
| Modall (Ontario), 8 décembre 2025 | 15 000 $ à 40 000 $ | 40 000 $ à 100 000 $ | 100 000 $ à 250 000 $ et plus, plateforme d’entreprise 150 000 $ et plus | Non précisée pour les paliers | « Rapports de l’industrie », aucun nommé pour les prix |
| App Scoop (Colombie-Britannique), 23 mars 2026 | 8 000 $ à 16 000 $ | 18 000 $ à 32 000 $ | 45 000 $ à 55 000 $, puis 80 000 $ à 95 000 $ | Non précisée | Quatre blogues d’agences non canadiennes |
La colonne du milieu décrit la même application : comptes utilisateurs, paiements en ligne, intégrations avec des services tiers. Une page annonce 18 000 $ à 32 000 $, une autre 40 000 $ à 100 000 $. Le sommet de la première fourchette passe sous le plancher de la seconde. Les trois pages datent de moins d’un an, les trois se présentent comme un guide canadien, et aucune ne mentionne que les autres existent.
La colonne de droite mérite d’être lue deux fois. Aucune des trois pages n’écrit, à côté de ses paliers, s’il s’agit de dollars canadiens ou américains. App Scoop assemble pourtant les siens à partir de quatre blogues d’agences étrangères, et deux des trois pages convertissent plus loin des frais américains en dollars canadiens. La question de la devise leur est donc posée quelque part dans leur propre texte. Aucune n’y répond à l’endroit où elle compte le plus.
Les taux horaires se contredisent de la même façon. Pour Montréal précisément, Modall publie 80 $ à 130 $ l’heure, App Scoop publie 90 $ à 110 $, et Bollé publie 125 $ à 250 $ pour les agences locales. La borne supérieure de l’un fait moins de la moitié de la borne supérieure de l’autre, pour la même ville.
D’où viennent ces chiffres
De nulle part de vérifiable, dans presque tous les cas.
App Scoop nomme ses sources, et c’est le problème : TekRevol, Ptolemay, Apptunix et Digittrix, quatre blogues de marketing d’agences établies à l’étranger. Un guide de prix « canadien » assemblé à partir de contenu promotionnel qui ne décrit pas ce marché. Modall évoque une méthode puis n’en fournit aucune pour ses prix : les paliers proviennent de « rapports de l’industrie et de données agrégées du secteur technologique canadien », sans qu’un seul rapport soit nommé. La page sait pourtant nommer ses sources quand elle en a, Mordor Intelligence et Statistique Canada, mais pour d’autres affirmations. Les prix n’en ont aucune. Bollé est la plus honnête des trois : la page dit elle-même que chaque fourchette est indicative et à confirmer selon le projet. Elle reste muette sur l’origine des nombres.
Le même motif tient du côté web. DKITWEB affirme que ses prix viennent de « devis réels observés au Québec sur les 12 derniers mois » et publie des médianes, un site vitrine à 1 500 $ à 4 000 $ avec une médiane de 2 800 $. Publier une médiane suppose un ensemble de données. La page ne dit jamais combien d’observations il contient.
Et les entreprises qui construisent réellement des applications au Québec n’affichent rien. Le 22 septembre 2026, nous avons ouvert les pages de services de quatre d’entre elles. Guaraná Technologies : aucun prix, aucun taux, aucun montant de projet minimal, un bouton vers une consultation gratuite. Osedea : rien non plus, un bouton de contact. Effet Monstre publie un échéancier, entre 26 et 52 semaines pour une application mobile, et aucun montant. La quatrième est écartée du constat : elle possède des pages de tarification que nous n’avons pas ouvertes, et nous ne voulons pas lui attribuer un silence que nous n’avons pas vérifié.
Le constat tient quand même : au Québec, les entreprises qui détiennent les données ne publient pas de prix, et les pages qui publient des prix sont du contenu promotionnel produit par des entreprises qui vendent autre chose.
Reste les annuaires, et ils ajoutent une ambiguïté plutôt que de la retirer. Sur la page québécoise de Clutch, les fiches d’agences affichent des taux sans aucune mention de devise, du type « 100 $ - 149 $ de taux horaire moyen ». La foire aux questions de la même page situe les taux entre 100 $ et 150 $ CA l’heure. La devise est donc bien quelque part sur la page. Elle n’est pas à côté du chiffre, elle est dans la FAQ, et c’est le chiffre que les gens copient. Les montants de projet minimal qui circulent pour les firmes québécoises, souvent 50 000 $, viennent de ce même champ d’annuaire, pas d’une page publiée par ces firmes.
L’ancrage que personne n’utilise
Il existe pourtant un chiffre québécois mesuré, publié par un gouvernement, et construit sur l’Enquête sur la population active. Pour la profession de développeur ou développeuse de logiciels (CNP 21232) dans la région de Montréal, Guichet-Emplois publie un salaire médian de 45,67 $ l’heure, avec un bas de 29,00 $ et un haut de 67,31 $, en dollars canadiens, pour la période de référence 2023-2024.
Comparez aux taux d’agences affichés plus haut. Les trois jeux de taux donnent trois multiples : 1,8 à 2,8 chez Modall, 2,0 à 2,4 chez App Scoop, 2,7 à 5,5 chez Bollé. Le multiple lui-même n’est pas stable, et c’est déjà un résultat.
Ce multiple n’est pas de la marge. Il contient les charges de l’employeur (RRQ, RQAP, assurance-emploi, CNESST), les vacances et les avantages, le temps non facturable, et surtout les rôles que personne ne compte quand il pense « développeur » : conception, assurance qualité, gestion de projet, DevOps, gestion des versions dans les deux magasins. La marge est dedans aussi. D’après ce que nous observons, une équipe où la personne qui écrit le code est la seule à être payée sur le projet produit une application qui coûte moins cher et qui casse plus vite.
Ce qui vous place dans une fourchette plutôt qu’une autre
Le palier n’est pas décidé par la beauté de l’application. Il est décidé par cinq ou six choix qui se prennent avant la première ligne de code.
- Le nombre de plateformes. Deux applications natives, c’est deux bases de code, deux cycles de publication, deux files d’attente de révision. Une base partagée en React Native ou en Flutter en produit une seule.
- Les comptes et l’argent. Une application qui affiche du contenu est un projet. Une application qui crée des comptes, réinitialise des mots de passe, encaisse des paiements, calcule des taxes, émet des reçus et traite des remboursements est un autre projet, et c’est la frontière où les fourchettes changent de palier.
- Ce qui existe déjà derrière. S’il y a un système de gestion, un inventaire ou une base clients à connecter, le travail est une intégration. S’il n’y a rien, il faut construire le serveur aussi, et c’est souvent la moitié du budget.
- Le temps réel et le hors ligne. Synchroniser des données entre appareils, gérer les conflits, fonctionner dans le métro : chacun de ces trois éléments est un problème d’ingénierie à part entière.
- Le nombre de personnes qui décident. Une application commandée par une personne avance. Une application commandée par un comité produit des reprises, et les reprises se facturent.
- Les deux langues. Chaque écran, chaque message d’erreur, chaque notification poussée et chaque courriel transactionnel existe en double, et la révision double aussi. Ce qui est établi : l’article 52 de la Charte de la langue française vise les publications commerciales quel qu’en soit le support, et l’article 57 vise les factures et les reçus. Jusqu’où cela descend exactement dans l’interface d’une application mobile, écran par écran, n’est pas une question que nous avons vue tranchée, et nous ne l’affirmons pas ici. La charge de travail, elle, ne dépend pas de la réponse.
L’économie de 30 à 40 % du multiplateforme n’a pas de source
Vous allez lire, sur à peu près toutes les pages du sujet, qu’une application React Native ou Flutter coûte 30 à 40 % de moins que deux applications natives. Nous avons cherché l’origine de ce chiffre le 22 septembre 2026, dans les bases de données académiques, la documentation des cadriciels et les blogues d’ingénierie. Chaque occurrence renvoie à une page de marketing d’agence, qui ne cite rien ou qui cite une autre page de marketing d’agence.
L’exemple le plus souvent invoqué est Discord. Le billet d’ingénierie de Discord, publié le 7 novembre 2019, ne formule aucune affirmation de coût. Son seul énoncé chiffré sur l’efficacité est que l’application iOS est entretenue par une équipe de trois ingénieurs iOS.
La seule comparaison de niveau étude que nous avons trouvée ne mesure pas le coût et ne désigne pas de gagnant. Une prépublication sur arXiv, soumise le 18 septembre 2026, implémente la même application cinq fois (iOS natif, Android natif, Flutter, React Native, Kotlin Multiplatform), en tire huit variantes exécutables et exécute 2 000 essais par variante contre la norme ISO/IEC 25010. Sa conclusion est qu’aucune approche n’est universellement supérieure : les avantages dépendent de l’attribut de qualité mesuré, de la charge, de la plateforme et de la frontière de mesure. Elle relève au passage que le natif obtient les coûts de performance les plus bas côté client. Une réserve : prépublication non révisée par les pairs, un seul auteur, une seule application.
Le mécanisme, lui, se défend sans pourcentage. Le partage de code comprime le travail d’ingénierie mobile. Il ne comprime ni la découverte, ni le serveur, ni la conception, ni l’assurance qualité, ni la gestion de projet. Appliquer un pourcentage à l’ensemble du budget est la mauvaise forme de calcul, peu importe le pourcentage.
Les frais que la soumission ne contient presque jamais
C’est ici que la facture se décide, et c’est la section que les pages de prix traitent en une ligne. Un propriétaire reçoit un montant de construction, l’approuve, puis découvre le reste sur ses relevés de carte.
Les comptes développeurs sont en dollars américains
Apple publie un chiffre et un seul : le Apple Developer Program coûte 99 $ US par année, et le programme Enterprise 299 $ US par année, avec la mention que la devise locale est affichée au moment de l’inscription. Aucune page d’Apple ne publie de montant en dollars canadiens. Du côté de Google, l’inscription à la Play Console coûte 25 $ US, une seule fois, non remboursables si les renseignements fournis s’avèrent invalides.
Les pages canadiennes convertissent ces deux frais fixes, chacune à sa façon. Modall obtient 135 $ par année et 35 $ une fois. App Scoop obtient 137,11 $ et 34,64 $. Ni l’une ni l’autre ne donne le taux de change utilisé ni la date de la conversion.
Modall en utilise deux. Convertir 99 $ US en 135 $ suppose un taux de 1,364. Convertir 25 $ US en 35 $ suppose 1,40. Une seule page, deux frais publiés le même jour par les deux mêmes magasins, deux taux différents. App Scoop est cohérente, autour de 1,385 sur les deux, et affiche deux décimales : cela a l’air d’une mesure, c’est une multiplication sur un taux non précisé un jour non précisé.
La commission des magasins, et pourquoi les articles américains ne décrivent pas le Québec
Ce que le Canada paie aujourd’hui est clair.
Chez Apple, le App Store Small Business Program ramène la commission à 15 % sur les applications payantes et les achats intégrés. La condition est que les produits nets de l’année civile précédente ne dépassent pas 1 000 000 $ US. La page renvoie au taux standard sans le chiffrer ; il est de 30 %.
Chez Google, la structure applicable au Canada est de 15 % sur le premier million de dollars américains de revenus annuels du développeur, et de 30 % au-delà.
Les deux seuils sont en dollars américains, pas canadiens. Une entreprise qui a fait son calcul en dollars canadiens atteint le palier supérieur plus tôt qu’elle ne le croit.
Le 30 juin 2026, Google a séparé les frais de service des frais de facturation : 10 % de frais de service plus 5 % de frais de facturation sur le premier million. Ce changement est entré en vigueur dans l’Espace économique européen, au Royaume-Uni et aux États-Unis seulement. Le billet des développeurs Android du 24 juin 2026 annonce la suite du calendrier :
- Australie et Japon, 30 septembre 2026
- Corée, 31 décembre 2026
- Reste du monde, 30 septembre 2027
Le Canada n’est nommé nulle part dans cette liste. Il relève du reste du monde. Google précise par ailleurs que les frais de facturation pour les régions hors États-Unis, Royaume-Uni et EEE restent à venir.
Autrement dit, tout article écrit depuis juin 2026 sur l’économie des magasins d’applications décrit une structure de frais qu’un propriétaire québécois n’a pas et n’aura pas avant au moins un an. Et personne ne peut vous dire aujourd’hui quel sera le taux ici après, parce que Google ne l’a pas publié.
L’infrastructure, la notification poussée et la surveillance
Une partie de cette liste est gratuite, et il vaut la peine de savoir laquelle avant de payer pour un équivalent.
| Service | Ce qui est publié | Devise |
|---|---|---|
| Firebase (Crashlytics, messagerie infonuagique) | Listés parmi les produits sans coût. Forfait Spark à 0 $, avec des limites d’utilisation décrites comme généreuses | $ US |
| Supabase (base de données, authentification) | Gratuit 0 $, Pro 25 $ par mois, Team 599 $ par mois | $ US |
| Expo / EAS (compilation, mises à jour à distance) | Gratuit 0 $, Starter 19 $ par mois, Production 199 $ par mois | $ US |
La dernière colonne mérite une note. Les trois fournisseurs sont américains et affichent un symbole de dollar nu sur leur page de tarification, sans jamais écrire la devise. Nous les lisons en dollars américains, et c’est une inférence, pas une mention.
Le rapport de plantages et la notification poussée peuvent donc coûter zéro. Ce qui génère une facture, c’est la base de données, les fonctions serveur et la ferme de compilation.
Deux clauses méritent d’être lues avant de choisir le palier gratuit. Chez Supabase, un projet gratuit est mis en pause après une semaine d’inactivité, ce qui est exactement le profil d’une application saisonnière ou à faible trafic. Chez Expo, le palier gratuit donne 15 compilations Android et 15 compilations iOS, ce qui se consomme vite pendant les semaines de correctifs après le lancement.
L’entretien annuel, et la règle du 15 à 20 %
Bollé et Modall affirment toutes deux que l’entretien annuel représente 15 à 20 % du coût de construction. Nous avons cherché l’origine de cette convention. Aucune page ne nomme d’étude, de jeu de données ni de date. C’est largement répété et nous n’avons pas pu le retracer jusqu’à une source primaire. Nous avions fait le même constat pour les sites web (en anglais).
Le problème n’est pas seulement l’absence de source. C’est que la forme du calcul ne correspond pas à l’objet. Les obligations récurrentes d’une application ne suivent pas le budget de construction : elles suivent le calendrier d’Apple et de Google. iOS et Android publient une version majeure par année. Google Play impose un niveau d’API cible à toute nouvelle application et à toute mise à jour. Apple applique ses exigences au moment du téléversement, ce qui bloque vos mises à jour si votre outillage a vieilli. Une application à 20 000 $ et une application à 200 000 $ affrontent le même calendrier.
Ce calendrier, et ce qu’il impose mois par mois une fois le produit en ligne, nous l’avons détaillé dans ce qui se passe après le lancement (en anglais).
Les programmes québécois, y compris ceux qui ne vous visent pas
Les pages d’agences que nous avons relevées mentionnent les mêmes subventions. Elles mentionnent rarement les conditions d’admissibilité, qui sont souvent la seule chose qui compte.
- ESSOR, Investissement Québec. Le sous-volet 1B finance un diagnostic et un plan numérique jusqu’à 20 000 $, à 50 % des dépenses admissibles, et le sous-volet 1C finance la réalisation du plan jusqu’à 50 000 $, aussi à 50 %. La condition : 250 employés ou moins et un chiffre d’affaires annuel minimal de 2 500 000 $. C’est le plancher, pas le plafond, qui écarte du monde. D’après ce que nous voyons, il écarte la plupart des entreprises qui lisent une page comme celle-ci. Le programme se termine le 31 mars 2027.
- Mon succès numérique. Administré par le Réseau des CCTT pour le ministère de l’Économie, de l’Innovation et de l’Énergie. La page du programme indique une aide non remboursable pouvant atteindre 11 200 $. D’autres montants circulent sur des pages tierces ; c’est celui-là qui est sur la page du programme, et c’est auprès de l’administrateur qu’il faut le confirmer avant de bâtir un budget dessus. Ce qui est clair et utile : les refontes de site web et l’optimisation du référencement sont explicitement exclues, tout comme les travailleurs autonomes.
- CRIC, le crédit d’impôt pour la recherche, l’innovation et la commercialisation. Remboursable à 30 % sur les dépenses admissibles au-delà d’un seuil d’exclusion et jusqu’à 1 000 000 $, puis 20 % au-delà. Le développement logiciel ne figure pas parmi les activités admissibles nommées par le gouvernement. Une application commerciale ordinaire a très peu de chances de s’y qualifier. Ne construisez pas un budget autour de ce crédit sans avis fiscal.
- Le PCAN fédéral n’accepte plus de demandes. Le volet Développez vos activités commerciales technologiques, celui de la subvention pouvant atteindre 15 000 $, a cessé d’accepter les nouvelles demandes devant le volume reçu, et la note d’ISDE ajoutait à ce moment-là qu’une reprise n’était pas décidée. Les dates précises de fermeture et de fin de programme, février 2024 et mars 2025, sont largement reprises dans la presse spécialisée. Nous ne les avons trouvées sur aucune page d’ISDE, alors nous ne les présentons pas comme officielles. Des pages d’agences présentent encore le programme comme disponible.
Comment lire une soumission
Six questions suffisent à rendre deux soumissions comparables.
- En quelle devise sont les frais récurrents ? Les comptes développeurs, l’hébergement, la base de données et l’outillage sont presque tous facturés par des fournisseurs américains en dollars américains. Un budget annuel en dollars canadiens qui ne le mentionne pas est sous-estimé du taux de change.
- Qu’est-ce qui est exclu ? Demandez explicitement si les comptes développeurs, le serveur, la notification poussée, le rapport de plantages, la chaîne de compilation et les premières corrections après lancement sont dans le montant ou en dehors.
- Combien d’heures y a-t-il derrière le montant ? Divisez. Le taux horaire implicite vous dit si vous achetez une équipe ou une personne, et vous pouvez le comparer au 45,67 $ médian du Guichet-Emplois en sachant ce qui remplit l’écart.
- Qui détient les comptes et les clés ? Le compte Apple, le compte Google Play, le dépôt de code et la clé de signature Android doivent être au nom de l’entreprise. Une clé de téléversement perdue, Google la réinitialise. Une clé de signature d’application perdue, lorsque c’est vous qui la gérez hors du service de signature de Google Play, ne se remplace pas. Demandez laquelle des deux situations est la vôtre.
- Que se passe-t-il à la prochaine version d’iOS et d’Android ? La réponse doit être une ligne du contrat, pas une bonne intention.
- La découverte est-elle facturée séparément ? Souvent oui, et ce n’est pas anormal : cadrer un projet est du travail. Nous ne publions pas de pourcentage type, parce que nous n’avons pas d’échantillon documenté à mettre derrière. Ce qui est anormal, c’est de découvrir la ligne après avoir comparé deux montants qui ne contenaient pas la même chose.
Et pour comparer deux soumissions : même liste de fonctions, même nombre de plateformes, même définition de « terminé ». Sans ces trois éléments, vous comparez deux paragraphes, pas deux prix.
La version courte
Aucune source québécoise ne publie de médiane ni de distribution des prix réellement payés pour une application mobile, avec un échantillon documenté. Cette page n’en publie pas non plus, parce que ces données n’existent pas publiquement. Ce qu’elle publie, c’est la lecture des pages qui affichent des chiffres, avec leur provenance quand il y en a une et son absence quand il n’y en a pas.
Ce qui reste vrai quelle que soit votre fourchette : les frais récurrents sont en dollars américains, la commission des magasins au Canada n’est pas celle décrite par les articles américains récents, et ESSOR exige un chiffre d’affaires que la plupart des lecteurs de cette page n’ont pas. Un prix de construction qui ignore ces trois choses est un prix incomplet, même s’il est juste.
Canaan est une agence logicielle établie à Mississauga, en Ontario. Nous construisons des applications web et mobiles, des plateformes de commerce et de l’automatisation, en français et en anglais, et nous les entretenons ensuite. Si vous avez une soumission en main et que vous voulez savoir ce qu’elle ne contient pas, écrivez-nous, y compris quand la réponse est que vous n’avez pas besoin d’une application.
Sources
- Statistique Canada, Enquête sur les prix des services professionnels en informatique, consultée le 22 septembre 2026. Enquête obligatoire sous la Loi sur la statistique (LRC 1985, ch. S-19). Les résultats paraissent dans le tableau 18-10-0138-01, indices de prix des services professionnels en informatique, annuel, un tableau à séries multiples dont l’une porte sur la conception et le développement de logiciels sur mesure. Nous ne publions aucune valeur de l’indice : le tableau se charge côté client et nous n’avons pas pu confirmer la sélection de produit exacte correspondant à ce travail
- Gouvernement du Canada, Guichet-Emplois, Salaires, développeurs/développeuses de logiciels (CNP 21232), région de Montréal, page mise à jour le 7 août 2026, période de référence 2023-2024, source nommée : Enquête sur la population active, Statistique Canada
- Apple, Choosing a Membership, consulté le 22 septembre 2026. 99 $ US par année, programme Enterprise 299 $ US par année
- Apple, App Store Small Business Program, consulté le 22 septembre 2026. Seuil de 1 000 000 $ US de produits nets sur l’année civile précédente. La page évoque le taux de commission standard sans le chiffrer ; le 30 % vient de la documentation d’Apple ailleurs
- Google, Play Console Help, Open a developer account, consulté le 22 septembre 2026. Frais d’inscription de 25 $ US, une seule fois
- Google, Play Console Help, Service fee rates, consulté le 22 septembre 2026. La page décrit la structure de 15 % et 30 % comme celle qui s’applique à « tous les marchés restants » jusqu’au déploiement mondial des nouveaux frais. Le Canada est dans ce groupe. La page ne précise pas si l’année de référence est l’année civile, et nous ne l’avons pas trouvé ailleurs
- Google, Play Console Help, Expanded billing and new fee structure, consulté le 22 septembre 2026, et Android Developers Blog, billet du 24 juin 2026. Calendrier de déploiement : EEE, Royaume-Uni et États-Unis au 30 juin 2026 ; Australie et Japon au 30 septembre 2026 ; Corée au 31 décembre 2026 ; reste du monde au 30 septembre 2027. Le Canada n’est pas nommé et relève du reste du monde
- Google, Play Console Help, Exigences de niveau d’API cible, consulté en septembre 2026
- Apple Developer, Upcoming requirements, consulté en septembre 2026
- Google, Tarification Firebase, consultée le 22 septembre 2026. Crashlytics et Cloud Messaging listés parmi les produits sans coût ; forfait Spark à 0 $, présenté avec des limites d’utilisation gratuites décrites comme généreuses
- Tarification Supabase, consultée le 22 septembre 2026. Mise en pause des projets gratuits après une semaine d’inactivité
- Tarification Expo, consultée le 22 septembre 2026. Palier gratuit : 15 compilations Android et 15 compilations iOS
- Discord, How Discord Achieves Native iOS Performance with React Native, 7 novembre 2019. Aucune affirmation de coût dans le billet
- Ilovan, A., Cross-Platform vs Native Mobile Development: An Empirical Study of Software Quality Trade-offs, arXiv, soumis le 18 septembre 2026, révisé le 21 septembre 2026. Cinq implémentations d’une même application de gestion, huit variantes exécutables, 2 000 essais complétés par variante, évaluation contre ISO/IEC 25010. Prépublication non révisée par les pairs, un seul auteur, une seule application
- Investissement Québec, ESSOR, appui à la concrétisation de projets d’investissement, consulté le 22 septembre 2026
- Réseau des CCTT (Synchronex), Mon succès numérique, consulté le 22 septembre 2026. Aide non remboursable pouvant atteindre 11 200 $ ; projets non admissibles incluant les refontes de site web et le référencement ; travailleurs autonomes non admissibles
- Gouvernement du Québec, Crédit d’impôt pour la recherche, l’innovation et la commercialisation, consulté le 22 septembre 2026. S’applique aux années d’imposition commençant après le 25 mars 2025
- Innovation, Sciences et Développement économique Canada, note de période de questions, Programme canadien d’adoption du numérique, données arrêtées au 12 février 2024. La note confirme la fermeture des nouvelles demandes du volet Développez vos activités commerciales technologiques devant la demande reçue, et indique qu’une reprise n’était pas décidée à cette date. Elle ne porte ni date de fermeture ni date de fin de programme ; les dates de février 2024 et mars 2025 proviennent de la presse spécialisée et ne sont pas reprises ici comme officielles
- Office québécois de la langue française, Langue du commerce et des affaires, consulté en septembre 2026. Source pour les articles 52 et 57 de la Charte de la langue française (RLRQ c. C-11). La portée exacte de l’article 52 à l’intérieur de l’interface d’une application mobile n’est pas traitée sur cette page et n’est pas affirmée dans ce texte
- Pages de prix relevées comme objets d’étude, non comme sources de prix : Bollé Communications (mise à jour 1er juillet 2026), Modall (8 décembre 2025), App Scoop (23 mars 2026), DKITWEB (20 mars 2026), helloDarwin (février 2022), Clutch, développeurs d’applications au Québec
Note méthodologique
Les prix affichés ont été relevés le 22 septembre 2026 sur des pages d’agences et d’annuaires canadiennes et québécoises. L’échantillon de pages portant des chiffres propres au Québec ou au Canada pour une application mobile est petit, six pages, et aucune de ces pages ne divulgue de taille d’échantillon, de fenêtre de collecte ni de source de données. Des six, trois publient des paliers de prix, et aucune des trois n’indique la devise de ces paliers.
Quatre entreprises québécoises qui construisent des applications mobiles ont été ouvertes le même jour. Trois sont dans le constat : aucune des trois n’affiche de prix, de taux ni de montant de projet minimal sur sa page de services. La quatrième est exclue du constat, parce qu’elle possède des pages de tarification que nous n’avons pas ouvertes.
Les frais de plateforme, d’hébergement et d’outillage proviennent des pages de tarification des fournisseurs eux-mêmes. Les fournisseurs sont américains et n’écrivent pas leur devise ; nous les lisons en dollars américains, et c’est une inférence. Aucun montant de ce texte n’a été converti d’une devise à l’autre : les chiffres en dollars américains restent en dollars américains. Les chiffres gouvernementaux proviennent de Statistique Canada, du Guichet-Emplois, d’Investissement Québec, du Réseau des CCTT, de Québec.ca, de l’OQLF et d’ISDE Canada. Les prix affichés sont ce que les entreprises annoncent, pas ce que les clients paient.