Le 22 septembre 2026, nous avons relevé depuis le Québec les neuf premiers résultats organiques pour « application mobile ou site web lequel choisir ». Aucun n’était canadien. C’est une observation sur une requête et un jour, pas un échantillon. Plusieurs de ces pages sont bien faites. Elles raisonnent à partir d’un marché, d’un droit et d’habitudes d’achat qui ne sont pas les vôtres, et elles chiffrent en euros.
Voici la réponse courte avant les nuances. La plupart des entreprises québécoises qui posent cette question ont besoin d’un site web. Une application mobile se justifie dans trois cas : elle a besoin du matériel de l’appareil, elle doit fonctionner hors ligne pour vrai, ou elle sera utilisée assez souvent par les mêmes personnes pour qu’un compte et une carte enregistrés valent quelque chose. En dehors de ces trois cas, l’application ajoute un coût de construction, deux files d’attente de révision et un calendrier d’entretien que vous ne contrôlez pas.
En bref
- Les listes de capacités qui servent à vendre des applications sont périmées : une application web installée sur l’écran d’accueil d’un iPhone accède à l’appareil photo depuis 2020, et WebKit accorde à une origine jusqu’à 60 % de l’espace disque depuis iOS 17.
- La vraie contrainte d’iOS n’est pas technique, elle est commerciale : l’installation exige que la personne ouvre Safari, touche Partager et fasse défiler jusqu’à « Sur l’écran d’accueil ». Aucun site ne peut déclencher cette invitation.
- Au Québec, 78 % des cyberacheteurs utilisent une application mobile pour acheter, mais les deux raisons qui comparent explicitement l’application au site web arrivent en bas de la liste des motifs, à 23 % et 15 %.
- Apple et Google n’exigent aucune commission sur les biens et services physiques consommés hors de l’application. Pour un restaurant, un détaillant ou une clinique, l’histoire du 30 % n’est pas la vôtre.
- Une application non entretenue ne tombe pas en panne : elle sort lentement de la portée des téléphones neufs.
- Un site est visé par l’article 52 de la Charte de la langue française, une application est visée séparément par l’article 52.1 sur les logiciels, et la fiche du magasin est une troisième surface à traduire.
Les trois raisons qui justifient une application mobile
Une application se défend quand elle fait une chose qu’un navigateur ne fait pas, ou qu’elle est ouverte assez souvent pour que l’installation se rembourse.
- Le matériel. Lire une étiquette NFC, se connecter à un appareil Bluetooth, tourner en arrière-plan pendant qu’un livreur conduit. Ce territoire existe, il est réel, et il est plus étroit que ce que la plupart des pages laissent croire.
- Le hors ligne véritable. Pas « le site est lent dans le métro », mais un technicien qui remplit des rapports toute la journée dans un sous-sol sans réseau et qui synchronise le soir. La gestion des conflits de synchronisation est un problème d’ingénierie à part entière, et c’est souvent lui qui décide du budget.
- La fréquence. Une application vit sur un écran d’accueil parce qu’on y retourne. Si vos clients achètent deux fois par année, il n’y a rien à retenir : l’icône devient un signet coûteux que personne ne touche.
Si aucune des trois ne décrit votre situation, la question suivante n’est pas « quelle plateforme », c’est « combien ». Les fourchettes publiées au Canada, leur provenance et les frais récurrents que les soumissions omettent sont dans combien coûte une application mobile au Québec. L’ordre de grandeur suffit ici : entre un site vitrine et une application native sur deux plateformes, l’écart de construction se compte en dizaines de milliers de dollars, avec la réserve que ces pages s’imposent à elles-mêmes, aucune de celles qui publient des paliers n’indique sa devise. Et l’application ajoute ensuite des obligations annuelles que le site n’a pas, décrites plus bas.
Ce qu’une application web peut faire sur un iPhone
La liste de capacités qui sert à justifier une application est datée de six ans.
L’appareil photo fonctionne. Le bogue WebKit 185448, « getUserMedia not working in apps added to home screen that run in standalone mode », est marqué RESOLVED FIXED depuis le 6 février 2020. La page d’agence qui vous dit encore qu’une application web ne peut pas prendre de photo sur iOS décrit un iPhone de 2019.
Le stockage suit, à deux niveaux qu’il vaut mieux ne pas confondre. Depuis Safari 17 et iOS 17, la politique de stockage de WebKit accorde à une origine jusqu’à 60 % de l’espace disque total, le navigateur dans son ensemble plafonnant à 80 %. Une application web ajoutée à l’écran d’accueil est traitée comme le navigateur pour ce calcul, et non comme une application tierce, dont le plafond est de 15 % par origine. Le mode persistant, demandé par l’API Storage, exclut une origine de l’éviction. Précision honnête : WebKit décrit les déclencheurs d’éviction (quota dépassé, pression sur le stockage, absence d’interaction prolongée) sans publier de délai chiffré à jour, alors retenez le mécanisme et pas un nombre.
La notification poussée fonctionne aussi, sous condition. Apple l’a activée avec iOS 16.4 pour les applications web ajoutées à l’écran d’accueil, avec une demande de permission qui doit répondre à un geste direct de l’utilisateur. La condition n’a pas été assouplie depuis : la version déclarative annoncée dans Safari 18.4 reste réservée aux applications web de l’écran d’accueil.
La vraie contrainte est l’installation
Tout tient dans ce mot, « ajoutée ».
Sur iOS, il n’existe aucune invitation à installer qu’un site puisse déclencher. Les instructions d’Apple elles-mêmes décrivent une manœuvre manuelle : ouvrir le site dans Safari, toucher le bouton de menu de la page, toucher Partager, faire défiler la liste, toucher « Sur l’écran d’accueil », puis confirmer ; si l’option est absente, il faut descendre jusqu’à « Modifier les actions » pour l’y ajouter. D’après ce que nous observons, l’icône n’existe ensuite que sur l’appareil où la manœuvre a été faite, ce que la page d’Apple n’écrit pas. L’événement que Chrome utilise sur Android pour proposer l’installation, beforeinstallprompt, est qualifié de non standard par MDN, qui déconseille son usage en production.
C’est un problème de marketing déguisé en problème technique. Vous devez convaincre quelqu’un d’exécuter une demi-douzaine de gestes pour obtenir quelque chose qu’il n’a pas demandé. Un magasin d’applications, lui, fait cette conversion pour vous. C’est la seule chose qu’il fait vraiment pour vous.
Le territoire vraiment natif est étroit et il est écrit noir sur blanc
Deux capacités ne viendront pas au web sur iOS, et Apple le dit publiquement. Dans son registre de positions sur les standards, WebKit a classé le Web Bluetooth en « position: oppose » et le Web NFC de la même façon, avec des motifs d’indépendance des appareils, de vie privée et de sécurité.
Ce ne sont pas des oublis en attente de correctif. Ce sont des positions. Si votre projet lit des étiquettes NFC ou parle à un appareil Bluetooth sur iPhone, vous construisez une application native, et la discussion est close. Si ce n’est pas votre cas, la frontière que les pages concurrentes dessinent avec des tableaux de capacités ne tient plus.
Ce que les données québécoises disent réellement
Il existe une mesure québécoise récente sur l’usage des applications de commerçants, et elle ne dit pas ce que les pages de vente en tirent.
L’enquête NETendances 2025 sur le commerce en ligne de l’Académie de la transformation numérique de l’Université Laval trouve que 78 % des cyberacheteurs québécois utilisent une application mobile pour effectuer leurs achats. Le chiffre sert souvent de conclusion. La question suivante de l’enquête est plus utile : pourquoi ? Elle est posée aux 664 personnes qui utilisent des applications de commerçants.
| Raison donnée (base : 664 personnes qui utilisent des applications de commerçants) | Part |
|---|---|
| Processus plus rapide | 50 % |
| Compte déjà connecté | 47 % |
| Accès à l’historique des commandes | 39 % |
| Moyen de paiement enregistré | 37 % |
| Par habitude | 33 % |
| Notifications utiles | 25 % |
| Offres exclusives disponibles uniquement sur l’application | 24 % |
| Meilleure expérience que sur le site web | 23 % |
| Paiement simplifié avec Google Pay ou Apple Pay | 22 % |
| Chargement plus rapide que le site web | 15 % |
| Fonctionnalités intégrées | 15 % |
| Suggestions personnalisées | 14 % |
| Meilleure sécurité perçue | 10 % |
Treize des quatorze énoncés publiés figurent ci-dessus ; le quatorzième n’a pas pu être relevé de façon fiable et n’est donc pas reproduit. Plusieurs réponses sont permises, alors les parts ne s’additionnent pas à 100 %.
Les deux seuls énoncés qui comparent explicitement l’application au site web arrivent en bas de liste : 23 % pour une meilleure expérience, 15 % pour un chargement plus rapide. Ce sont précisément les deux arguments que l’on vend le plus souvent à un propriétaire d’entreprise. Le haut de la liste décrit autre chose : un compte conservé, une carte enregistrée, un historique, et l’habitude à 33 %. Notre lecture du « processus plus rapide » en tête est qu’il décrit un paiement raccourci par un compte déjà ouvert plutôt qu’une interface supérieure. C’est une lecture, et l’enquête ne la tranche pas.
Et les applications que les Québécois ont réellement sur leur téléphone appartiennent aux géants. Toujours dans NETendances 2025, la part des acheteurs de chaque commerçant qui utilisent son application atteint 80 % chez Shein, 72 % chez Temu, 71 % chez Amazon, 52 % chez Walmart et 52 % chez Costco. La catégorie « autres commerces » du même graphique obtient 40 %. Deux mises en garde de méthode : les bases varient d’un commerçant à l’autre, de 153 à 715 répondants pour ces cinq-là, et le graphique complet descend jusqu’à une base de 12 répondants pour un commerçant que nous ne citons pas ici ; et il s’agit d’un panel web pour lequel l’Académie ne publie aucune marge d’erreur dans ce volet.
Le téléphone n’écrase pas non plus le reste. Dans NETendances 2024, les internautes québécois déclarent passer 47 % de leur temps en ligne au téléphone, 35 % à l’ordinateur et 16 % à la tablette ; le reste se partage entre les autres appareils. Moins de la moitié du temps en ligne se passe au téléphone, tous âges confondus. Une stratégie « mobile d’abord, donc une application » part d’une prémisse que les données québécoises ne donnent pas. Le même rapport publie une ventilation par âge que nous n’avons pas pu lire de façon fiable, alors nous ne la citons pas.
Deux absences valent la peine d’être dites plutôt que comblées. La première : il n’existe aucune donnée canadienne ou québécoise de source primaire sur le partage du temps mobile entre les applications et le web. Le fameux « 90 % du temps mobile se passe dans les applications » ne vient d’aucun organisme public. Nous en avons cherché l’origine le 22 septembre 2026 : le fil remonte à des estimations d’eMarketer construites sur les données de panel d’App Annie, devenu data.ai, un panel commercial payant qui mesure toutes les catégories d’applications, y compris la messagerie, les réseaux sociaux et les jeux. Nous n’avons trouvé aucune publication primaire accessible qui énonce ce chiffre pour le Canada. Ce n’est pas votre application.
La seconde : la meilleure mesure canadienne sur la proportion d’entreprises qui exploitent réellement une application date de l’année de référence 2019. Statistique Canada rapportait alors que, parmi les entreprises ayant des ventes en ligne, 70 % vendaient par un site web, 36 % par une plateforme tierce et 11 % par une application d’entreprise. L’enquête couvrait les entreprises de cinq employés et plus, et cette ventilation par canal n’a pas été refaite depuis. Sept ans, c’est vieux. C’est aussi le meilleur chiffre qui existe.
Les magasins ne sont pas un canal de distribution
C’est la croyance la plus coûteuse de la liste. Le magasin d’applications n’est pas une vitrine où des gens vous découvrent : c’est un guichet de conformité avec un délai d’attente.
Le volume le dit. Le rapport de transparence d’Apple pour 2025 déclare 2 172 472 applications offertes, 9 100 620 soumissions révisées et 2 093 244 soumissions rejetées, soit 23 % des soumissions révisées. Ajouter la 2 172 473e entrée à ce catalogue n’est pas une stratégie d’acquisition. Et la porte est gardée : la règle 4.2 des directives de révision d’Apple écarte explicitement l’application qui n’est qu’un site web réemballé, ce qui élimine la version la moins chère de l’offre que vous recevrez.
Les délais sont asymétriques. Apple annonce que 90 % des soumissions sont révisées en moins de 24 heures, moyenne qui inclut les mises à jour de routine, et prévoit un appel formel en cas de rejet. Google ne publie aucun engagement équivalent : sa documentation parle de délais pouvant atteindre sept jours, et davantage dans des cas exceptionnels. Prévoyez une journée de battement du côté d’Apple et une semaine du côté de Google.
Un détail administratif mérite votre attention avant l’inscription. La règle vise les comptes Google Play personnels, pas les comptes d’organisation. Les comptes personnels créés après le 13 novembre 2023 doivent mener un test fermé avec au moins 12 testeurs inscrits en continu pendant au moins 14 jours avant de demander l’accès à la production. Inscrivez-vous au nom de l’entreprise.
La commission de 30 % n’est probablement pas votre histoire
Pour la majorité des entreprises québécoises qui lisent ceci, la commission est de zéro.
La règle 3.1.3(e) d’Apple interdit d’utiliser l’achat intégré pour des biens ou services physiques consommés hors de l’application et impose d’encaisser autrement, par Apple Pay ou par carte. Google prend la même position : sa politique de paiements exclut de son système de facturation les biens physiques et les services physiques, transport, billets d’avion, abonnements de gym, livraison de repas. Un restaurant, un détaillant, une clinique ou un entrepreneur en rénovation ne paie pas 30 %, tant qu’il ne vend rien de numérique dans l’application.
La commission s’applique au numérique : abonnements, contenu premium, déverrouillage de fonctions. Là, deux précisions canadiennes. Chez Apple, le Small Business Program ramène le taux à 15 % sous 1 000 000 $ US de produits nets l’année civile précédente, mais c’est une inscription à faire, pas un statut automatique. Chez Google, la structure applicable au Canada est de 15 % sur le premier million de dollars américains de revenus annuels du développeur, puis 30 % au-delà ; la nouvelle structure de frais entrée en vigueur le 30 juin 2026 dans l’EEE, au Royaume-Uni et aux États-Unis n’atteindra le reste du monde, dont le Canada, que le 30 septembre 2027. Tout article récent qui vous vante un palier à 10 % décrit un marché où vous n’êtes pas. Les deux seuils du million sont en dollars américains, pas canadiens : une entreprise qui fait son calcul en dollars canadiens franchit le palier supérieur plus tôt qu’elle ne le croit.
L’application ne tombe pas en panne, elle sort lentement de portée
C’est l’asymétrie d’entretien que personne ne chiffre à la soumission, et elle a des dates publiées des deux côtés.
Depuis le 28 avril 2026, toute soumission à App Store Connect doit être compilée avec Xcode 26 et un SDK de la génération 26. Un outillage vieilli ne retire pas votre application du magasin : il bloque vos mises à jour. Du côté de Google, depuis le 31 août 2026, les nouvelles applications et les mises à jour doivent cibler Android 16 (API 36), et une application qui reste sous Android 15 cesse d’être offerte aux nouveaux utilisateurs sur les appareils plus récents que sa cible. Les installations existantes continuent de fonctionner.
Voilà la mécanique réelle : l’application abandonnée ne tombe pas en panne un mardi matin. Du côté d’Apple, elle se fige, parce que vous ne pouvez plus la mettre à jour. Du côté de Google, elle disparaît lentement de la portée des téléphones neufs, pendant que vous la croyez en service. Un site web n’a aucun équivalent de ce calendrier. Il a ses propres obligations d’entretien, détaillées dans ce qui se passe après le lancement (en anglais), et ses propres échéances publiées, certificats, API, exécutions et navigateurs (en anglais). Mais personne ne lui impose une refonte annuelle de sa chaîne de compilation.
Ajoutez la déclaration de confidentialité, qui est une obligation récurrente et non une case à cocher une fois. Apple exige que les réponses sur la collecte de données restent exactes et à jour, et Google exige que la section Sécurité des données demeure exacte et complète en tout temps, y compris pour les données collectées par les trousses de développement tierces. Chaque nouvel outil d’analytique ajouté dans l’application rouvre ces deux formulaires.
Deux langues, deux régimes juridiques
Ici, la distinction entre un site et une application n’est pas cosmétique : les deux ne passent pas par le même article de loi.
Pour le site, l’obligation passe par l’article 52 de la Charte de la langue française, et l’Office québécois de la langue française formule le droit du consommateur comme celui d’accéder à une version française complète du site web d’une entreprise. Complète, pas une page d’accueil traduite. Ce n’est pas théorique : en mars 2026, URBN Canada Retail inc. a été condamnée à une amende de 3 000 $ pour du contenu de nature commerciale offert uniquement dans une autre langue que le français sur son site.
Pour l’application, le chemin est différent. Une application mobile est un logiciel, et l’article 52.1 de la Charte est explicite : « Tout logiciel, y compris tout ludiciel ou système d’exploitation, qu’il soit installé ou non, doit être disponible en français, à moins qu’il n’en existe aucune version française. » Une version dans une autre langue est permise, pourvu que la version française soit accessible à des conditions au moins aussi favorables. Le test des conditions favorables protège le français, pas l’autre langue. C’est le sens à retenir avant de planifier une sortie en anglais d’abord et une version française « plus tard ». Et l’OQLF publie des orientations explicites pour les sites web et les médias sociaux, mais rien qui nomme les applications mobiles. L’obligation se raisonne à partir de l’article sur les logiciels plutôt que de se pointer sur une page de l’Office.
La fiche du magasin est une troisième surface. App Store Connect offre le français (Canada) comme langue de métadonnées distincte, et Google Play permet de traduire le titre, les descriptions et les fiches de produits intégrés, fr-CA compris. Nous n’avons trouvé, dans la documentation ni de l’un ni de l’autre, d’exigence de fournir ces métadonnées en français pour la vitrine canadienne. L’obligation, si elle existe, ne viendrait de toute façon pas des magasins : elle viendrait de la Charte, et nous n’avons trouvé aucune source primaire qui tranche si une fiche de magasin est une publication commerciale au sens de l’article 52. Trois surfaces, trois responsables à nommer avant la mise en ligne.
La Loi 25 ajoute deux obligations qui mordent plus fort sur une application. La Commission d’accès à l’information rappelle que les paramètres de confidentialité d’un produit technologique offert au public doivent assurer par défaut le plus haut niveau de confidentialité, et que la personne doit être informée au préalable du recours à une technologie permettant de l’identifier, de la localiser ou d’effectuer un profilage, ces fonctions ne devant pas être activées par défaut. C’est exactement ce que fait la géolocalisation ou la trousse d’analytique d’une application au premier lancement. Même source, une trappe moins connue : la création d’une banque de caractéristiques biométriques doit être divulguée à la Commission au plus tard 60 jours avant sa mise en service. Notre lecture est qu’une connexion par Face ID qui laisse le gabarit dans l’appareil ne crée pas une telle banque, mais c’est une interprétation de ce qui constitue une banque, et c’est la question à poser avant de spécifier de la biométrie, pas après.
Quand la réponse est « ni l’un ni l’autre, pas encore »
Il arrive que les deux options soient prématurées, et c’est la réponse que personne n’a intérêt à vous donner.
Si vous ne savez pas encore combien de fois par année un même client achète chez vous, vous ne pouvez pas évaluer une application, parce que la fréquence est la seule variable qui décide. Mesurez-la d’abord. Un numéro de téléphone, une page qui explique l’offre, un lien de réservation et trois mois de données valent mieux qu’une application conçue autour d’une hypothèse.
Le marché, lui, se déplace dans une direction utile au web. Toujours selon NETendances 2025, 82 % des adultes québécois ont acheté en ligne en 2025, contre 74 % l’année précédente, et la part des dépenses en ligne captée par Amazon est passée de 64 % à 54 % au profit des commerçants québécois et canadiens, qui en captent 31 % à eux deux. Ces deux mouvements viennent du même panel, sans marge d’erreur publiée pour ce volet : lisez-les comme une direction plutôt que comme une mesure. Notre lecture est que cette part qui revient s’exprime par le web et non par les applications des entreprises d’ici. L’enquête rapporte le déplacement des dépenses sans lui attribuer de canal, et la seule donnée voisine est le 40 % de la catégorie « autres commerces » plus haut.
D’après ce que nous observons, la séquence qui coûte le moins cher est presque toujours la même : un site qui fait le travail, des mesures pendant deux ou trois saisons, puis une application construite pour un comportement déjà observé. L’ordre inverse produit des applications qui attendent leurs utilisateurs.
La version courte
Un site web rejoint tout le monde, dans les deux langues, sans installation, sans révision, sans compte de développeur et sans calendrier imposé par deux entreprises de Californie. C’est la valeur par défaut, et elle est bonne.
Une application se justifie quand vous avez besoin du matériel de l’appareil, d’un hors ligne réel ou d’un usage répété. Dans ce cas, budgétez les deux files de révision, le calendrier des SDK, les trois surfaces linguistiques et la déclaration de confidentialité à maintenir, parce que ce sont des dépenses récurrentes et non des détails de lancement.
Et si vous hésitez encore, la question à trancher n’est pas technique. C’est celle de la fréquence d’achat, et vous êtes la seule personne qui peut y répondre.
Canaan est une agence logicielle établie à Mississauga, en Ontario. Nous construisons des sites, des plateformes de commerce, des applications mobiles en React Native et de l’automatisation, en français et en anglais, et nous les entretenons ensuite. Si vous avez une décision à prendre entre les deux, écrivez-nous, y compris quand la réponse est que vous n’avez besoin ni de l’une ni de l’autre pour l’instant.
Sources
- Académie de la transformation numérique, Université Laval, NETendances 2025, Commerce en ligne, collecte du 20 au 30 janvier 2026, publication avril 2026. Base adultes n = 1 046 ; base cyberacheteurs n = 856 ; base des raisons d’utiliser une application de commerçant n = 664. Panel web de 992 répondants, complété par des répondants non internautes tirés de la collecte téléphonique annuelle. Aucune marge d’erreur n’est publiée pour ce volet
- Académie de la transformation numérique, Université Laval, NETendances 2024, Portrait numérique des foyers québécois, collecte du 2 au 30 août 2024, publication le 11 décembre 2024, n = 1 253 internautes québécois. Ce volet publie une marge d’erreur de ± 3,0 %, 19 fois sur 20
- Statistique Canada, Enquête sur la technologie numérique et l’utilisation d’Internet, année de référence 2019, diffusée le 23 novembre 2020. Entreprises de cinq employés et plus. La ventilation par canal de vente n’a pas été reprise dans les cycles ultérieurs
- eMarketer, Mobile web vs mobile app: where do shoppers spend time and money, consulté le 22 septembre 2026. Cité ici comme origine repérable du « 90 % du temps mobile », non comme mesure : les estimations reposent sur un panel commercial payant (App Annie, devenu data.ai) qui couvre toutes les catégories d’applications
- WebKit (Apple), Web Push for Web Apps on iOS and iPadOS, 16 février 2023
- WebKit (Apple), WebKit Features in Safari 18.4, 31 mars 2025. Web Push déclaratif limité aux applications web de l’écran d’accueil
- WebKit (Apple), Updates to Storage Policy, 10 août 2023. Quota par origine jusqu’à 60 % du disque et quota global du navigateur jusqu’à 80 % ; les applications web de l’écran d’accueil sont traitées comme le navigateur, les applications tierces étant plafonnées à 15 % par origine
- WebKit Bugzilla (Apple), bogue 185448, getUserMedia not working in apps added to home screen that run in standalone mode, état RESOLVED FIXED, 6 février 2020
- WebKit standards-positions (Apple), Web Bluetooth, position: oppose, fiche ouverte le 4 novembre 2025, et Web NFC, position: oppose, fiche ouverte le 3 décembre 2025
- Apple, Ouvrir un site web en tant qu’application web sur iPhone, guide de l’utilisateur, consulté le 22 septembre 2026
- MDN Web Docs (Mozilla), BeforeInstallPromptEvent, consulté le 22 septembre 2026. Marqué non standard et expérimental
- Apple, App Store Transparency Report, année 2025. 2 172 472 applications, 9 100 620 soumissions révisées, 2 093 244 rejetées, 387 087 approuvées après un rejet initial. La page ne porte pas de date de publication
- Apple Developer, App Review Guidelines, consulté le 22 septembre 2026. Règle 4.2 sur la fonctionnalité minimale, règle 3.1.3(e) sur les biens et services consommés hors de l’application
- Apple Developer, App Review, consulté le 22 septembre 2026. « On average, 90% of submissions are reviewed in less than 24 hours », moyenne incluant les mises à jour
- Apple Developer, App Store Small Business Program, consulté le 22 septembre 2026. Seuil de 1 000 000 $ US de produits nets de l’année civile précédente, sur inscription
- Apple Developer, App Privacy Details, consulté le 22 septembre 2026
- Apple Developer, Upcoming requirements, consulté le 22 septembre 2026. Xcode 26 et SDK de génération 26 obligatoires depuis le 28 avril 2026
- Apple, App Store Connect Help, App Store localizations, consulté le 22 septembre 2026. Le français (Canada) figure parmi les langues de métadonnées offertes
- Google Play Console Help, Politique de paiements, consulté le 22 septembre 2026
- Google Play Console Help, Service fee rates, consulté le 22 septembre 2026. Structure de 15 % sur le premier million de dollars américains de revenus annuels du développeur, puis 30 %, applicable au Canada jusqu’au déploiement mondial des nouveaux frais
- Google Play Console Help, Expanded billing and new fee structure, consulté le 22 septembre 2026. EEE, Royaume-Uni et États-Unis au 30 juin 2026 ; reste du monde, dont le Canada, au 30 septembre 2027
- Google Play Console Help, Exigences de test fermé pour les comptes personnels, consulté le 22 septembre 2026. Comptes personnels créés après le 13 novembre 2023 : 12 testeurs, 14 jours consécutifs
- Google Play Console Help, Délais de révision des applications, section Sécurité des données et traduction de la fiche Play Store, consultés le 22 septembre 2026. La page sur les délais énonce un maximum de sept jours, et davantage dans des cas exceptionnels ; elle ne publie aucun délai minimal
- Android Developers, Exigences de niveau d’API cible, consulté le 22 septembre 2026. Android 16 (API 36) pour les nouvelles applications et les mises à jour depuis le 31 août 2026 ; Android 15 (API 35) minimum pour rester offerte aux nouveaux utilisateurs
- Office québécois de la langue française, Langue du commerce et des affaires, consulté le 22 septembre 2026. Aucune mention des applications mobiles sur cette page
- Office québécois de la langue française, communiqué du 24 avril 2026, infraction d’URBN Canada Retail inc.. Jugement du 12 mars 2026, amende de 3 000 $, articles 52 et 205 de la Charte de la langue française
- LégisQuébec, Charte de la langue française, RLRQ c. C-11, article 52.1, consulté le 22 septembre 2026. Libellé cité textuellement dans le corps du texte. L’article a été introduit par la Loi modifiant la Charte de la langue française, LQ 1997, c. 24
- Commission d’accès à l’information du Québec, Principaux changements apportés par la Loi 25, obligations en vigueur depuis septembre 2023. Source du paramétrage par défaut, de l’information préalable sur l’identification, la localisation et le profilage, et du délai de 60 jours pour la divulgation d’une banque de caractéristiques biométriques
Note méthodologique
Le relevé de résultats de recherche cité en introduction porte sur une seule requête, « application mobile ou site web lequel choisir », effectuée le 22 septembre 2026 depuis le Québec, et sur les neuf premiers résultats organiques. C’est une observation, pas un échantillon.
Aucun prix n’est publié dans cette page. Les ordres de grandeur évoqués renvoient aux fourchettes affichées par d’autres entreprises, documentées dans l’article sur le coût d’une application mobile au Québec, qui repose sur six pages canadiennes relevées le 22 septembre 2026, dont trois seulement publient des paliers de prix. Aucune de ces trois pages n’indique sa devise, aucune ne publie de taille d’échantillon, de fenêtre de collecte ni de source de données, et les prix affichés sont ce que les entreprises annoncent, pas ce que les clients paient.
Les montants en dollars de ce texte sont en dollars canadiens, sauf les seuils d’Apple et de Google, qui sont en dollars américains et signalés comme tels à l’endroit où ils apparaissent. Aucun montant n’a été converti d’une devise à l’autre. Apple ne publie aucun montant en dollars canadiens pour son programme de développeurs : la devise locale n’apparaît qu’au moment de l’inscription.